Selon les notaires de la cour d’appel de Toulouse, les ventes immobilières ont accusé une forte baisse ces derniers mois. Aucun type de bien, ni quartier n’est épargné.
Pas de place au doute. Les notaires qui dressent leurs statistiques à partir des biens immobiliers vendus, sont en mesure de décrire très précisément la conjecture du secteur et ils décrivent 2024 définitivement comme un mauvais cru.
«La situation du logement est dramatique dans toute la France et Toulouse n’y échappe pas, a posé d’emblée maître Hubert Létinier, le président de la chambre des notaires de la cour d’appel de Toulouse. Alors que nous besoin de loger 10000à 15000nouveaux habitants par an ici, plus aucun logement neuf ne sort de terre; et nous avons constaté un coup d’arrêt très important de 28% sur les volumes de ventes, neuf et ancien confondus, c’est très inquiétant.»
Les ventes de l’ancien se sont aussi inexorablement effritées entre juin2023 et juin2024 dans toute la Haute-Garonne: – 26% de baisse enregistrée pour les appartements, – 20% pour les maisons.
Loin des 1,2millions de transactions enregistrées dans toute la France fin 2021, nous devrions terminer 2024 avec entre 800000et 900000transactions», estime le notaire.
Une crise de la confiance
Dans ce contexte pourtant, pas d’effondrement des prix. En 2023 ils étaient encore orientés à la hausse pour les appartements anciens en Haute-Garonne, (+3,1% avec un prix médian à 2950euros / m2). «Ils n’ont baissé que timidement de 2,4% en un an, pour se stabiliser à 2880euros/m2. Après les hausses de crédits, l’inflation, et surtout la crise de confiance qui perturbe les acheteurs, ces légères inflexions de prix sont loin d’être suffisantes pour relancer la machine, déplore maître Frédéric Giral, délégué en charge de l’immobilier à la chambre des notaires. D’ailleurs, aucun élément ne nous laisse entrevoir un redémarrage du marché. La question est maintenant de savoir si la décrue des ventes va encore se poursuivre ou se stabiliser à ce point bas».
Les notaires pointent par ailleurs le marché des terrains à bâtir comme le plus affecté par la crise.« La maison individuelle est devenue un rêve inaccessible pour une majorité de candidats à l’achat, suite à la flambée des coûts de construction. En effet, construire une maison coûte aujourd’hui 20% de plus qu’il y a quatre ou cinq ans. Depuis un an, nous avons noté sur ce segment une baisse des prix des terrains à bâtir de 6,6%, et une demande en voie d’extinction (- 41%) sur l’ensemble de la Haute-Garonne», rappelle Frédéric Giral. Sur le marché des maisons anciennes autour de Toulouse, les prix ne s’effondrent pas. Aucune commune ne tire véritablement son épingle du jeu, mais un aspect semble désormais avoir un impact non négligeable sur le prix de vente: il s’agit du diagnostic de performance énergétique du logement, le fameux DPE. «Alors que l’étiquette de référence est la lettre D, on a vu des négociations jusqu’à 15%, en cas de diagnostics dégradés en notes E ou F «, assure le notaire.
Quant à d’éventuels signes de reprise? «Ils se font attendre. La baisse des ventes se dessine encore au moins jusqu’à fin octobre au regard des avant-contrats signés en ce moment.»
La depeche du Midi du 18 septembre 2024