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Acheter en couple sans être marié | Guide 2026

14/08/2026


Acheter en couple sans être marié est aujourd'hui une réalité très courante en France. Selon l'ANIL, un nombre croissant de ménages accèdent à la propriété en union libre ou pacsés, sans passer par le mariage.

Pourtant, l'absence de cadre matrimonial expose les deux partenaires à des risques juridiques et patrimoniaux réels, en cas de séparation comme en cas de décès. Ce guide pratique vous explique les montages disponibles, leurs avantages, leurs limites, et les précautions indispensables à prendre avant de signer chez le notaire.

Acheter en couple sans être marié | Guide 2026


  1. Résumé en bref
  2. Peut-on acheter en couple sans être marié ? Le cadre juridique de base
  3. Indivision, SCI ou PACS : quel montage choisir pour acheter à deux sans être marié ?
  4. La convention d'indivision : l'outil clé pour sécuriser votre achat immobilier en concubinage
  5. Comment gérer des apports inégaux lors d'un achat immobilier à deux ?
  6. Protéger son partenaire en cas de décès : les dispositions indispensables
  7. Checklist avant de signer chez le notaire pour un achat en couple non marié
  8. FAQ – Acheter en couple sans être marié : vos questions fréquentes

1/ Résumé en bref

Voici les grandes étapes abordées dans ce guide :

  • L'indivision est le cadre juridique par défaut pour un achat immobilier à deux sans mariage, avec des quotes-parts à définir précisément dans l'acte.
  • La convention d'indivision est un outil essentiel pour organiser la gestion du bien et anticiper une séparation ou un décès.
  • La SCI offre une alternative souple pour les profils patrimoniaux plus complexes, notamment en cas d'apports inégaux.
  • Le PACS améliore la situation du couple, mais ne suffit pas seul à protéger le partenaire survivant.
  • Des dispositions complémentaires (testament, assurance emprunteur, assurance-vie) sont nécessaires pour une protection complète.
  • Un tableau comparatif des trois montages vous aide à choisir la solution adaptée à votre situation.


2/ Peut-on acheter en couple sans être marié ? Le cadre juridique de base

Oui, tout à fait. Il n'existe aucune obligation légale d'être marié pour acquérir un bien immobilier à deux. Que vous soyez en union libre (concubinage) ou pacsés, vous pouvez parfaitement signer un acte d'achat ensemble. La différence fondamentale avec le mariage tient au fait qu'aucun régime matrimonial ne s'applique automatiquement pour protéger les deux parties.

L'indivision comme cadre juridique par défaut

Par défaut, l'achat se fait en régime de l'indivision : chacun devient propriétaire du bien à hauteur de sa contribution financière. Si l'acte d'achat ne précise rien, la loi peut présumer une répartition à 50/50, même si l'un des deux a apporté davantage. C'est pourquoi il est impératif de faire figurer les quotes-parts exactes dans l'acte notarié, en cohérence avec les apports personnels et la part de financement commun de chacun.

L'ANIL rappelle que tout couple en union libre souhaitant acheter ensemble doit définir contractuellement les modalités de l'achat, notamment les conséquences d'une éventuelle séparation ou d'un décès. Cette anticipation n'est pas une formalité : c'est une nécessité.


3/ Indivision, SCI ou PACS : quel montage choisir pour acheter à deux sans être marié ?

Trois grandes solutions s'offrent aux couples non mariés qui souhaitent acquérir un bien immobilier ensemble. Chacune répond à des situations différentes et présente ses propres contraintes.

Tableau comparatif des principaux montages

Critère

Indivision

SCI

PACS

Facilité de mise en place

Très simple, chez le notaire lors de l'achat

Création d'une société, démarches administratives

Simple, enregistrement en mairie ou chez le notaire

Flexibilité des parts

Quotes-parts librement définies dans l'acte

Parts sociales proportionnelles aux apports

Ne modifie pas la répartition du bien

Protection en cas de décès

Faible sans testament ou clauses spécifiques

Possible via les statuts de la SCI

Améliorée mais insuffisante sans dispositions notariales

Risque en cas de séparation

Partage judiciaire possible à tout moment

Cession de parts encadrée par les statuts

Dissolution du PACS, régime de séparation des biens par défaut

Coût et complexité

Faible

Élevé (frais de création, comptabilité, assemblées)

Faible à modéré

Profil adapté

Primo-accédants, projets simples

Investisseurs, patrimoine complexe, apports très inégaux

Couples stables souhaitant un cadre légal sans mariage


L'indivision est la solution la plus courante et la plus accessible pour un premier achat immobilier en couple non marié. Elle ne nécessite pas de créer une structure juridique supplémentaire : il suffit que l'acte notarié précise clairement les quotes-parts de chacun. Son principal inconvénient est qu'un indivisaire peut, en principe, demander à tout moment le partage du bien, ce qui peut fragiliser le projet si la relation se dégrade.

La société civile immobilière (SCI) est une alternative plus robuste pour les profils patrimoniaux complexes. Elle permet de détenir le bien via des parts sociales, d'organiser la transmission et de protéger le partenaire survivant via les statuts. En revanche, sa mise en place est plus lourde : création de la société, rédaction des statuts, tenue d'une comptabilité annuelle, et frais récurrents. Elle s'adresse davantage à des investisseurs ou à des couples avec des apports très inégaux souhaitant une structure pérenne.

Le PACS, quant à lui, améliore sensiblement le statut patrimonial du couple, notamment en matière de droits de succession (abattement fiscal important entre partenaires pacsés). Mais plusieurs sources juridiques, dont le Conseil Supérieur du Notariat, soulignent qu'il ne suffit pas à lui seul à protéger le partenaire survivant en cas de décès. Il doit être combiné avec d'autres dispositions pour être réellement efficace.


4/ La convention d'indivision : l'outil clé pour sécuriser votre achat immobilier en concubinage

Quelle que soit votre situation, si vous achetez en indivision, la rédaction d'une convention d'indivision notariée est fortement recommandée. Ce document encadre la gestion quotidienne du bien et prévoit les scénarios difficiles avant qu'ils ne surviennent.

Que peut prévoir une convention d'indivision ?

Une convention d'indivision bien rédigée peut notamment prévoir les modalités de remboursement du prêt commun si l'un des deux cesse de contribuer, les conditions dans lesquelles l'un des partenaires peut racheter les parts de l'autre, un droit de préemption entre indivisaires (priorité pour racheter la part avant qu'elle soit cédée à un tiers), et un gel temporaire du partage pour une durée pouvant aller jusqu'à cinq ans, renouvelable. Cette dernière clause est particulièrement utile pour éviter qu'une séparation conflictuelle ne débouche immédiatement sur une vente forcée ou un partage judiciaire.

La convention peut également préciser la répartition des charges (taxe foncière, travaux, assurances) et les règles de prise de décision pour les actes de gestion courants. Elle s'établit devant notaire et a une valeur juridique opposable aux tiers.

Bon à savoir:  La convention d'indivision peut être conclue au moment de l'achat ou après. Plus tôt elle est rédigée, mieux c'est : elle évite les conflits en fixant les règles du jeu à froid, quand la relation est sereine.


5/ Comment gérer des apports inégaux lors d'un achat immobilier à deux ?

C'est l'une des situations les plus fréquentes et les plus délicates. L'un des deux partenaires dispose d'un apport personnel plus important (héritage, épargne, aide familiale), tandis que l'autre contribue davantage via le financement commun. Si rien n'est formalisé, la répartition 50/50 présumée par la loi peut créer une injustice criante au moment de la revente ou d'une séparation.

La solution est simple mais impérative : faire figurer dans l'acte d'achat les quotes-parts exactes correspondant aux apports réels de chacun. Si Marie apporte 40 000 euros et Thomas 10 000 euros pour un bien à 250 000 euros, les quotes-parts doivent refléter cette réalité, en tenant compte également de la part respective dans le remboursement du prêt. Le notaire peut vous aider à calculer ces proportions de manière équitable et à les inscrire dans l'acte de manière opposable.

Dans les cas où les apports sont très inégaux et où le bien est destiné à être conservé longtemps, la SCI peut être une option pertinente : les parts sociales sont attribuées proportionnellement aux apports, ce qui simplifie la gestion et la transmission. Si vous souhaitez explorer des biens disponibles dans la région, consultez nos annonces immobilières à la vente pour trouver le projet adapté à votre situation.


6/ Protéger son partenaire en cas de décès : les dispositions indispensables

C'est le point le plus souvent négligé, et pourtant le plus crucial. En concubinage, le partenaire survivant n'hérite de rien automatiquement. Sans disposition particulière, les parts du défunt reviennent à ses héritiers légaux (parents, enfants d'une union précédente), qui peuvent exiger la vente du bien. Le partenaire survivant peut se retrouver dans l'obligation de quitter le logement commun.

Plusieurs outils permettent d'éviter ce scénario. Le testament est le plus direct : il permet de désigner le partenaire comme légataire des parts du bien. Attention, en concubinage, les droits de succession restent très élevés (60 % au-delà d'un abattement de 1 594 euros en 2026), ce qui peut rendre la transmission coûteuse. L'assurance-vie est souvent une solution complémentaire efficace : elle permet de transmettre un capital hors succession, avec une fiscalité avantageuse, pour que le survivant puisse racheter les parts héritées par les autres héritiers. Dans le cadre d'une SCI, les statuts peuvent prévoir des clauses de rachat de parts ou d'agrément qui encadrent la transmission et protègent le partenaire survivant sans passer par un testament.

L'assurance emprunteur mérite également une attention particulière. En cas de décès de l'un des deux co-emprunteurs, l'assurance peut prendre en charge tout ou partie du capital restant dû, selon le niveau de couverture choisi (quotité à 50/50 ou 100/100). Une couverture à 100 % pour chacun est la plus protectrice, même si elle est plus coûteuse.

Important :  En concubinage, le partenaire survivant n'est pas un héritier légal. Sans testament, il ne reçoit rien automatiquement. Cette règle s'applique même si vous vivez ensemble depuis de nombreuses années et avez acheté un bien ensemble.


 Checklist avant de signer chez le notaire pour un achat en couple non marié

Avant de finaliser votre achat immobilier à deux sans être mariés, voici les points essentiels à vérifier avec votre notaire et votre conseiller immobilier :

  • Vérifier que les quotes-parts figurant dans l'acte d'achat reflètent fidèlement vos apports respectifs.
  • Prévoir une convention d'indivision notariée pour encadrer la gestion, les charges et les conditions de sortie.
  • Rédiger un testament pour protéger le partenaire survivant si vous êtes en concubinage.
  • Choisir une quotité d'assurance emprunteur adaptée à votre niveau de protection souhaité.
  • Envisager une assurance-vie pour faciliter le rachat des parts en cas de décès.
  • Si vos apports sont très inégaux ou si votre projet est complexe, évaluer l'opportunité d'une SCI avec votre notaire.
  • Si vous êtes pacsés, vérifier que les dispositions de votre PACS sont bien cohérentes avec votre projet immobilier.

7/ À retenir avant d'acheter en couple sans être marié

En l'absence de mariage, votre projet immobilier repose entièrement sur les choix de montage (indivision, SCI, PACS), la rédaction de vos actes (quotes-parts, convention d'indivision) et les protections complémentaires mises en place (testament, assurance emprunteur, assurance-vie). Prendre le temps d'anticiper ces points avec un notaire avant la signature vous évitera des situations conflictuelles ou des pertes financières importantes en cas de séparation ou de décès.

Chez Alain Artico, conseiller immobilier dans le Lauragais depuis plus de 15 ans et fort de l'accompagnement de plus de 300 familles, nous savons que la dimension juridique d'un achat immobilier est souvent source d'inquiétude pour les primo-accédants et les jeunes couples. C'est pourquoi nous travaillons en lien étroit avec des notaires partenaires pour vous orienter vers les solutions adaptées à votre situation, et pas seulement vers le bon bien. Si vous souhaitez acheter une maison dans le Lauragais, nous vous invitons à consulter nos annonces disponibles ou à prendre contact pour un premier échange sans engagement.


8/ FAQ – Acheter en couple sans être marié : vos questions fréquentes

Le concubinage est-il reconnu juridiquement lors d'un achat immobilier ?

Oui, deux concubins peuvent acheter ensemble sans aucune restriction légale. En revanche, le concubinage n'offre aucune protection patrimoniale automatique : tout doit être formalisé contractuellement, notamment dans l'acte d'achat et via une convention d'indivision.

Peut-on modifier les quotes-parts après l'achat si la situation évolue ?

Oui, il est possible de modifier la répartition des quotes-parts après l'achat, mais cela implique un acte notarié et peut générer des droits de mutation. Il est donc préférable de bien définir les proportions dès le départ pour éviter des frais supplémentaires.

Que se passe-t-il si l'un des deux veut vendre le bien et pas l'autre ?

En indivision, chaque indivisaire peut en principe demander le partage à tout moment (article 815 du Code civil). Si l'autre refuse, cela peut aboutir à un partage judiciaire. La convention d'indivision permet de geler ce droit pendant une durée déterminée, offrant ainsi une stabilité au projet commun.

Le PACS protège-t-il automatiquement le partenaire survivant en cas de décès ?

Non. Le PACS améliore la situation fiscale du couple, notamment en matière de droits de succession, mais il ne fait pas du partenaire pacsé un héritier légal. Un testament reste indispensable pour lui transmettre des biens en cas de décès.

Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour rédiger une convention d'indivision ?

Oui. Pour être opposable aux tiers et avoir pleine valeur juridique, la convention d'indivision doit être rédigée sous forme d'acte notarié. Elle peut être conclue au moment de l'achat ou ultérieurement. Vous pouvez également obtenir une estimation de votre bien immobilier pour mieux préparer votre projet avant de consulter votre notaire.

Quelle est la différence entre une SCI et une indivision pour un premier achat ?

L'indivision est plus simple et moins coûteuse à mettre en place : elle convient parfaitement pour un premier achat immobilier. La SCI est une structure juridique distincte qui implique des formalités de création, une comptabilité annuelle et des frais de gestion récurrents. Elle est davantage adaptée à des profils patrimoniaux complexes ou à des projets d'investissement locatif.

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Conseiller Capifrance